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1 févr. 2016

Last train : "y'a comme un train qui m'fend la tête" ?

Les alsaciens de Last train sont quatre. Quatre jeunes garçons bottés pointus (daims ou cuir) et portant blouson noir, pour le chanteur. Si cela ne suffirait pas à faire d'eux la nouvelle sensation rock française du moment, le son et l'ambiance qu'ils dégagent sur scène et sur disque y participe pleinement.
Ils n'ont qu'un cinq titres à leur actif jusqu'à présent, mais de nombreux concerts... et une réputation qui les précède à chaque nouvelle date.


Mardi 26 Janvier, ils ont prix d'assaut la salle pourtant peu remplie des Mardis du grand Marais, (Riorges), troisième date de leur nouvelle tournée, et en bons professionnels, (malgré des retours récalcitrants) sont allés au charbon, balançant un putain de gros son qui ferait pâlir d'envie pas mal d'amateur es rock.
On aura du mal à déterminer exactement d'où viennent ces jeunes gens, mais ce qui est sûr, c'est qu'ils connaissent leurs classiques rock'nroll. Si pour ma part j'ai entendu la poésie d'un Kat Onoma ou d'un Bashung par certains aspect mélodiques (mais tout est chanté en anglais), j'ai aussi été frappé par la puissance des guitares et leur racines bien trempées dans les seventies d'un célèbre Zeppelin par exemple. 


Mais les 90's shoogazers n'étaient pas loin non plus, avec les ombres de My bloody velentine, ou le heavy de Pearl Jam ou consorts qui planaient, rapport au gros son.
Bref, un set tendu, aigu, martelé à la batterie de belle manière, appuyé par une basse ronde et puissante... et soutenu par deux guitares du tonnerre, en harmonie, et une voix qui n'aura pas manqué de rappeler feu Kurt Cobain par moments.
Donc, beaucoup de références, (purement personnelles), mais surtout une envie de partager, une sincérité, et de bons morceaux, qui font de Last train un groupe à voir  vraiment en live, et à suivre sur disque.

https://lasttrain.bandcamp.com/

Concernant leur ep 5 titres, il n'y a pas de (mauvaise) surprise. La production est à la hauteur du son que le groupe a souhaité partager. 5 titres lourds, mais mélodiques, qui donnent bien à entendre ce que les 4 garçons balancent en live.
Ce digipack bien façonné, à la jaquette agréable est une belle carte de visite d'un combo français qui pourrait récupérer encore quelques bons points dans les charts rock s'il continue et évolue sur cette voie.

La vidéo ci-dessous, que j'ai préférée à la pourtant superbe" Fire" filmée sur la plage, (ne serait-ce que pour son gimmick aux chœurs bien sympas) et même si elle montre moins d'originalité, dévoile à quel point, en termes de son comme d'image, les quatre français ont su s'abreuver à l'école Strokes (US) et Libertines (UK), (en références plus récentes ;-)).
> Un train vraiment rapide.. qu'il ne faut pas louper !

©Photos : F. Guigue

7 janv. 2016

Introducing the Bogeymen, reédition vinyle


Introducing the Bogeymen réédition vinyle
Altercat records
Dèc 2015

C'est en 1992 que les Bogeymen d’Angoulême sortent leur premier album. C'est alors un jeune groupe dont la notoriété commence a dépasser la région angoumoisine, grâce à un 45 tours paru sur Fffascination et des live qui ont démontré leur aptitude à jouer un rhythm'n'blues sauvage anglo saxon typé des années soixante. Introduction délivre 12 morceaux percutant, tous des originaux, qui positionneront le groupe et cet album, comme un jalon du rock d'inspiration 60's , tellement il est crédible et bien joué.
Mais pour une raison inconnue, et ce malgré leur spécialisation musicale, cet album au track listing impeccable ne sera édité que sous format CD par le label rennais Dig records. Et, comble du malheur, dans un mixage suraigu laissant les fans perplexes et quelque peu  désespérés.

Un second excellent album "Action time" suivra en 1994, enregistré au renommé studio Toe rag de Londres, et aura droit cette fois ci à un petit tirage vinyle chez le label Dig, en plus du CD.
...Quelques singles supplémentaires, des tournées à l'étranger. Et puis le groupe se sépare en 1996.

Plus de vingt ans plus tard, les Bogeymen ont gardé leur statut de groupe culte, et "Introduction" un statut d'occasion manquée. C'est ainsi qu'un fan catalan de la première heure, Sergi Roi, s'est mis dans la tête de rééditer l'album en vinyle, mais de le présenter dans une édition retravaillée au niveau du son.
C'est donc avec un grand plaisir que l'on déballe le disque, réalisé sur Altercat records.
Le contenant d'abord : Superbe pochette carton très bien façonnée, maquettée et imprimée,  avec texte d'origine de Dan elektro. (Rock house zine) A l’intérieur: un insert recto verso comprenant l'histoire résumée du groupe, dans un texte de Sergi, et,  années 2000 obligent ; un code pour télécharger l'album en format numérique.

Et le son du vinyle ? Et bien cela n'a plus rien à voir, comme souhaité, et on écoute enfin le disque comme il aurait pu/du sonner à l'époque. Sergi n'a pas eu accès aux masters, qui sont restés introuvables, mais un travail numérique a permis un miracle. Le sillon délivre donc comme par magie une puissance bienvenue aux excellents morceaux écrits par Laurent Bauer. Pur plaisir !



Alors... on pourrait être tenté de se dire que c'est un peu sacrilège de retoucher à un album "d'époque",... mais franchement, cela ne pouvait pas être pire. Le résultat est là, et tout ces morceaux sublimes gagnent une seconde vie grâce à un fan passionné et quelque-peu frustré, comme beaucoup d'entre nous, mods et garagemen des nineties. Il est donc fort peu probable que tel ou tel fan trouve à redire à cette "résurrection".
Un conseil : achetez plutôt plusieurs copies, et faites des cadeaux, avant que le tirage ne s'épuise !

Noël est passé, mais un cadeau comme celui-ci peut se faire à n'importe-quel moment.
C'est un bijou sur lequel le temps n'a pas de prise.

Merci Sergi ! merci Laurent !
...Merci les Bogeymen.



Pour plus d'infos et commander :
http://alter.cat/the-bogeymen-introducing-vinyl-lp-alt003/

Sinon, bien sûr chez votre disquaire favoris, (Dangerhouse si vous êtes près de Lyon), mais il y en a d'autres,
ou bien encore : Soundflat mailorder, par exemple.


 
 

6 déc. 2015

Chocolate factory : a great german band from the eighties

Chocolate factory
Renée ep.
Fab records 1985


Découvert à l'aube des années quatre vingt dix, sur la compilation du label Fab records : "A fabulous compilation" (1987), avec les Makin" time, James taylor quartet et leur Blow up, ou encore les Die sache...les Chocolate factory, de Hambourg, m'avaient laissé une bonne impression, avec leur titre : "Baby What You Want Me To Do".
Auteurs de deux albums (dont un mini) jusqu'en 87, je n'ai néanmoins jamais eu l'occasion de les réécouter. Et l'histoire s'est arrêtée là.


Le temps a passé, ma connaissance et collection de beat et psych sixties s'est complétée, et j'ai aussi eu la chance de vivre en direct la scène 90's. Mais les années 80, et donc le premier revival de ce genre, est devenu entre temps de plus en plus prégnant, et les disques édités il y a maintenant trente ans, des références de plus en plus  difficile à dénicher. En effet, ceux-ci ont été édités en plus petites quantités et sur de bien plus petits labels indépendants que la plupart des références beat-psych connues des années 60.



La scène suédoise et hollandaise a été importante à ce sujet, (Cf Backdoor men, Creeps, Kliek, Crimson shadows...) tout comme la plupart des pays européens, (Italie en particulier), en dehors des pionniers américains,
... et l'Allemagne a eu ses références.

Fab records a donc produit ce ep des Chocolate factory en 1985, et cette toute première référence vinyle (Fab records a en effet pas mal édité de cassettes) est un winner à posséder presque impérativement.
C'est grâce au mailorder Hotstuff suédois que j'ai pu me le procurer à prix raisonnable.

Détail du track listing:



Renée n'a rien à voir avec le classique des Left banke. C'est une ballade tourmentée à la mélodie très accrocheuse. Ici, la voix de Klaus Ramcke et son accent fort, pourront rappeler le style de Wally tax des Outsiders hollandais. Petits chœurs un peu psychés, rif de guitare a la Smoke présent sur un effet d'intro....
Un classique dans le genre.

Juste what I want est un morceau rapide avec orgue prédominant qui rappel davantage l'autre combo allemand de la même période : les What for. Un autre gagnant !

Chocolate express dépote avec une fuzz en fond. Voix et chœurs funs reprennent ensemble ce thème rhythmn' blues original accrocheur, bien teenager.

Eight arms  (to hold you baby") reprend des éléments un peu psychés, avec des effets sur la voix et la batterie omniprésents. Ce mid-tempo saccadé assez sixties (un peu à la Creation) possède suffisamment de personnalité pour en faire un quatrième titre très original de ce ep décidément étonnant.
Bref, un indispensable pour tout amateur de garage beat psych eighties ou sixties.


25 nov. 2015

Météorites : Comme un écho des grands Bunnymen

ECHO and the Bunnymen
Meteorites
Onzième album studio publié en 2014 sur label 429 Records, sous label de Savoy label group.


Marrant comme ce CD, pris par hasard à la médiathèque locale, car heureusement mis en avant par un discothécaire, me replonge dans le meilleur des années 80.

J’avais laissé les Echo and the bunnymen de Ian Mc Culloch, leur leader, avec leur discographie des premières années, (Crocodiles, Porcupine...) fier de connaitre un des meilleurs groupe d’alors.
Les années 90 sont passées pour moi, au niveau du groupe, un peu comme de l’eau sur un imperméable, malgré Evergreen et Flowers (1997 et 2001) plutôt agréables, et je les avais donc un peu "snobé". Néanmoins Ian Mc Culloch avait continué une carrière, en solo, et avec son groupe. Je l’avais vu aussi dans le documentaire sur Liverpool diffusé par Arte en 1992 et mettant entre autre en scène les fabuleux Stairs. ("You'll never walk alone").

C’est donc avec une assez grande surprise que j’ai découvert cet album.
...Belle révélation en vérité, car je ne m’attendais pas à une aussi belle réussite, qui tourne désormais en boucle depuis la quatrième fois depuis deux semaines dans ma voiture.

Meteorites possède la qualité des albums que l’on goûte avec plaisir du premier jusqu’au dernier titre, en se disant, que « bon sang, comment font-ils pour être aussi prolixes et créatifs avec si peu de choses? »
Le style de ce nouvel album rappellera aux amateurs du groupe Deus l’ambiance de leur superbe Vantage point (2008) : mélopées embrumées, avec chœurs et mélancolie omniprésente, qui ramène, et ce n’est pas une grande surprise, vers les années néo romantique de la new wave, mais pas que.
Les mélodies sont bien présentes, et le son, issu de la production réalisée par Youth (Killing joke) est parfait. Plus de voix typée cold ou new wave justement, mais un son plus proche de nous.
Lorsque je cite « Vantage point », les 80’s sont bien sûr déjà loin, et c’est en ça que l’on peut dire que le groupe de Ian mc Culloch et Will Sergeant a su évoluer et rester « moderne », tout en gardant son charisme. Il émeut, tout en créant la surprise sur ces titres, au fur et à mesure de l’écoute.

De nouveaux horizons en fin de compte, pour ce groupe emblématique.

Tracklising : Meteorites; Holy Moses; Constantinople; Is This A Breakdown?;  Grapes Upon The Vine; Lovers On The Run; Burn It Down; Explosions; Market Town; New Horizons
> édition en Dblp (Uk, Europe and US), ou CD.

http://www.bunnymen.com/

23 nov. 2015

Hey Bulldog : the last good recorded song of the Beatles !?

All together now/Hey bulldog (single Apple 2C 006-04982 M, FR)

Incroyable comme ce single tardif des Beatles, pourtant sorti en France en 1972, reste mal connu aujourd’hui, et donc difficile à dénicher en bon état...à un prix abordable. (La moyenne étant environ 15 euros sur le web.)

Il n’ apparait en effet quasiment jamais dans les discographies françaises publiées à ce jour , comme c’est le cas dans les références   "The Beatles Discomania" - François Plassat
(Hugo et Compagnie, 15 septembre 2011);
« Les Beatles : La Discographie définitive" (Daniel Lecteur, Alternatives & parallèles, 14 novembre 1997); ou : "La France et les Beatles : Volume 1, La discographie originale 1962-1970 (Jean-Claude Hocquet et Eric Krasker , Séguier Editions (1 novembre 2005)

Sa parution tardive en Janvier 1972 en France, tout comme en Allemagne, Hollande, Italie, Suède et Portugal seulement le mois suivant, explique peut-être un peu cela. Mais, ne le voyant jamais en photo, le croisant que rarement en bacs ou sur le web, il a un peu disparu des radars.
Est-ce parce qu’il peut être considéré comme une réédition après la séparation du groupe qu’il est moins mis en avant, voire moins recherché ? ...ou qu'il a été moins acheté à l'époque ? conservé ?


…  Pourtant c'est un couplage inédit en 45T, très intéressant, même si les titres sont connus depuis 3 ans avec le lp « Yellow submarine » (1969)

All together now est un morceau très sympathique et emballant, avec quelques gimmicks bien tournés : L'intro à l'acoustique; et les paroles : "1,2,3,4... can I have a little more ?;  "bom bom bom bom; sail the chip"... puis le refrain en choeurs "All together now" facile à retenir et universel...

Quant à la face B, hyper accrocheuse, si l’on se réfère aux quelques articles en parlant sur le web,  voilà ce qu’on peut en dire
:

"Ce qui aurait pu être une chanson de comédie s’est transformée au final en l’un de plus heavy des titres des Beatles. Alors qu’ils étaient filmés à Abbey road pour le clip promo de Lady Madonna, le groupe décida qu’ils pourrait enregistrer la chanson bonus pour la bande son de Yellow submarine (qui leur manquait). Paul dit qu’on pourrait faire une vrai chanson au studio » . John répliqua :
« Je peux en apporter une, j’ai quelques bouts de texte à la maison, aussi je les apporterai."
Quelques jours plus tard Mc Cartney avait joué de la batterie sur un rock de Paul Jones appelé « The dog presides », qui avait des effets pas inintéressant. Pendant la session des Beatles, Mc Cartney et Lennon finirent en aboyant et hurlant, et le titre devint « Hey bulldog ». (Au départ, il s'appelait "You can talk to me"*).  Avec tout ces ajouts, Hey bulldog fut un morceau percutant assez agressif : Harrison raccorda sa guitare à une fuzz box et tourna son ampli bien à fond, le tout amenant à un solo féroce. « J’ai aidé (Lennon) à le finir en studio expliqua  Mc Cartney, mais c’est principalement sa patte. » Lennon lui-même l’appela « un morceau qui sonne bien mais qui ne veut rien dire ».

John Lennon
The Beatles, Hunter Davies

Source : http://www.rollingstone.com/music/lists/100-greatest-beatles-songs-20110919/hey-bulldog-19691231
Le titre déclencheur ?
Vidéo à voir ici :
https://www.youtube.com/watch?v=IO4Xn0S5MGE

L'autre belle édition espagnole.
"Musicalement, la chanson ramène aux premiers riffs Rhythm’n’blues comme Money (That’s what I want) et rappelle un certain sentiment blues comme Lady madonna. Les deux chanson ont d’ailleurs été combinées sur le Love album.

Hey Bulldog a été cité plus tard par l’ingénieur son des Beatles Geoff Emerick comme l’un des vrai derniers efforts du groupe capitalisant des échanges égaux entre tous les membres. A la suite de leur séjour en Inde, le sentiment de groupe des Beatles commençait à s’effriter. Ils ont tenté de travailler séparément, avec des soucis augmentant au fur et à mesure, ce qui a mené à leur split au final.

Le 11 Février, les Beatles enregistrèrent, complétèrent et mixèrent « Hey Bulldogs durant une session de 10 heures. La piste rythmique basique comprenait du piano, de la batterie, du tambourin la lead guitare et la basse.
A la prise 10 ils eurent une bonne version, et ils l’overdubbèrent alors avec plus de batterie, de la basse fuzz, un solo de guitare, une double piste vocale par Lennon et un accompagnement de Mac Cartney. »
From : http://www.beatlesbible.com/songs/hey-bulldog/


Un bel objet en pochette française, avec deux morceaux à redécouvrir, dont une face B à la limite du hard, comme « Revolution », ou Helter skelter.

Nb : Le morceau a été repris par pas mal de groupes, (https://it.wikipedia.org/wiki/Hey_Bulldog) dont un des plus connu sont les anglais de The Gods, (avec des futurs Huria Heep), dans une version pas très différente et qui n'a d'ailleurs pas marché commercialement (*).
En revanche, celle des français les Chattels, en 1969, sur le label JPB lyonnais avec un très rare ep quatre titres, a ça d’originale qu’elle dépote au niveau tempo, et inclus un orgue bien groovy. Une petite bombe qui en fait un disque à tomber.
Le label Sausage records a d’ailleurs (ré)édité le morceau en 2007 dans une version raccourci du ep, en single simple (face B : Brown sugar, Soul sister de Sam & Dave).


(*) http://www.songfacts.com/detail.php?id=145

Merci à Lambert Fligny, et au groupe Labels, logos, étiquettes, macarons de disques et cassettes, pour quelques remarques utiles apportées sur les infos.


THE BEATLES+HEY BULLDOG par asinette